Alors que le printemps pointe le bout de son nez, nous sommes allés à la rencontre de Laetitia Hespel, cueilleuse et productrice de plantes aromatiques et médicinales à Alex.

C’est lors d’une expérience professionnelle au Domaine Clarins, laboratoire à ciel ouvert situé sur la commune de Serraval, que Lætitia rencontre Aurore, la chef d’exploitation du jardin et Jean-Pierre, l’ethnobotaniste de la marque qui lui donnent envie de se lancer. Lætitia se forme alors à l’herboristerie au sein de l’Association pour le Renouveau de l’Herboristerie (ARH) et suit un cursus en Centre de formation professionnel et promotion agricole (CFPPA). En janvier 2019, elle ouvre son entreprise, Cimes & Racines à Alex.

Aujourd’hui, Lætitia cultive une trentaine de plantes aromatiques et médicinales en bio sur une parcelle de 6000 m2 attenante à sa maison. Après la récolte, ses plantes sont alors installées sur des claies dans le séchoir. L’absence de lumière, le contrôle de l’hydrométrie et de la température permettent d’obtenir un séchage optimal qui garantit la bonne conservation de la plante. Le temps de séchage varie entre 1 et 6 jours et la plante perd de 2 à 6 fois son poids.

Au-delà de la production, Laetitia vend aussi ses plantes auprès d’herboristes, de restaurants, de laboratoires et confectionne des sels aux herbes et des tisanes.

Elle pratique également la cueillette sauvage dans le respect de la charte de l’Association Française des Cueilleurs Professionnels. Ses sites de cueillette se trouvent en Savoie et en Haute-Savoie, des lieux sur lesquels une autorisation du propriétaire est nécessaire. La récolte se pratique à la main en utilisant le sécateur, le doigt ou la faucille.

La cueillette sauvage est réglementée, vous trouverez plus d’informations plus loin dans l’article…

En plus de ses activités, Laetitia aime transmettre ses connaissances et échanger. Elle organise des visites du séchoir et des ateliers autour des plantes : ateliers pour fabriquer son savon, ses tisanes ou ses baumes…

Le métier de producteur-cueilleur implique un travail constant pour chaque saison, au printemps : les premières cueillettes et l’entretien du jardin, l’été : la récolte, le séchage des plantes, l’automne : la transformation et l’hiver : la préparation et l’organisation d’ateliers…

Avec cette idée de partage et de transmission, des stagiaires du Centre de Formation des Métiers de la Montagne de Thônes (CFMM) viennent prêter main forte à Laetitia pour l’entretien du jardin ou la transformation, entre autres…

Si la cueillette de plantes sauvages vous attire, il est important d’avoir quelques notions de bases ou d’être accompagné par un professionnel.

A savoir…

En France, on considère qu’il y a environ 300 plantes toxiques. Il faut savoir les reconnaître, afin d’éviter les confusions malheureuses. Prendre le muguet pour de l’ail des ours, ou de la grande cigüe pour du cerfeuil des bois pourrait s’avérer fatal. L’idéal est de se rendre sur le terrain avec des connaisseurs et des livres spécialisés. Veillez à ne pas cueillir de plantes rares, dans des zones de végétations protégées (tourbière en zone Natura 2000 par exemple). Chaque plante peut être soumise à une protection particulière qu’il est important de vérifier en amont.

Quelques conseils :

Même si les plantes ne sont pas protégées, vous n’avez pas forcément le droit de les cueillir. Toutes les terres de France ont un propriétaire, qu’il soit public ou privé. Il faut toujours demander l’autorisation du propriétaire avant de cueillir sur un terrain.

En pratique :

  • Cueillir délicatement la plante entre l’ongle du pouce et l’index ou avec des ciseaux pour éviter de les déraciner. Beaucoup de plantes repoussent par leurs bulbes, racines, ou rhizomes !
  • Cueillir uniquement les parties dont on a besoin en ne prélevant pas plus d’un tiers de la station (espace où se trouve la plante) et en laissant de préférence des plants en bonne santé poursuivre leur cycle de vie.

nous avons testé
l’atelier savon à froid

À notre arrivée dans le laboratoire de Cimes & Racines, Lætitia a préparé toutes les poudres naturelles et autres ingrédients qui serviront à la préparation et à la décoration de notre savon. Elle nous explique la recette (à base d’huile de coco et d’huile d’olive), les dosages et la réaction chimique qui font que des ingrédients simples comme de l’eau, de l’hydroxyde de sodium (NaOH) et de l’huile peuvent se transformer en savon.

Nous nous équipons de tabliers, gants, charlottes et lunettes avant de jouer aux apprentis chimistes.

Une fois la base du savon préparée, il est temps de laisser libre court à notre imagination. En fonction du look que nous souhaitons donner à notre savon (plusieurs couches de couleurs, marbrés…), Lætitia nous aide à choisir les poudres colorantes ainsi que les ingrédients qui pourront lui donner un côté exfoliant. Elle nous conseille également sur le choix du macérat qui permettra au savon d’avoir des propriétés supplémentaires (hydratant, anti-rides…) et nous sélectionnons l’huile essentielle qui le parfumera. Après avoir fait nos mélanges, nous pouvons enfin couler notre préparation dans les moules spéciaux et décorer le savon avec des fleurs séchées.

L’atelier dure environ deux heures, aux termes desquelles vous repartez avec un pain de savon d’environ 500g (de quoi se laver pendant plus d’un an !). Le lendemain de l’atelier, il faudra démouler le savon, le couper en tranche et le laisser sécher environ 6 semaines avant de pouvoir l’utiliser.

L’atelier savon est une super idée pour partager un moment entre collègues, en famille ou entre amis !